
Hyper Édition hypertextuelle
Script de trois manuscrits autographes
Tine de Christine de pizan (« Le debat des
deux amans »)
Projet développé dans le cadre du Fonds Spécial à
Éditeur scientifique : Olivier DELSAUX
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Transcriptions semi-diplomatiques
Tableau synoptique en escalier des trois manuscrits
Problématique
du projet
Ce projet d’édition s’inscrit dans un
projet plus large qui est celui de l’étude des spécificités du ms. d’auteur en
moyen français et des ses apports à l’histoire de la langue, à l’histoire
littéraire, à l’histoire de la littérature et à la critique textuelle, ce qui
fait l’enjeu d’un projet de recherche du Groupe de recherche sur le moyen
français, mené sous la direction de Madame le Professeur Tania VAN HEMELRYCK (chercheur
qualifié du F.N.R.S. et chargée de cours à l’U.C.L.) avec la collaboration
d’Olivier DELSAUX (doctorant à l’U.C.L., aspirant du FRS-FNRS) et d’Hélène HAUG
(doctorant à l’U.C.L., boursier F.S.R.).
Dans l’inadéquation et le vide
méthodologique qui semblent caractériser l’étude des manuscrits d’auteurs en
moyen français (mss copiés par l’auteur ou corrigés par ses soins), un des
problèmes majeurs reste le traitement éditorial de ces témoins au statut si
particulier. En effet, la plupart du temps, les éditeurs appliquent les
méthodes héritées de l’ancien français et développées à partir de traditions
scribales, sur un corpus autographe qui pose pourtant des questions très
différentes en termes d’édition (choix de la version à éditer, réfection des fautes,
reconstitution de l’exemplar de l’auteur, présentation des corrections
rédactionnelles…), sans s’interroger sur la pertinence d’une telle approche.
Un des enjeux principaux de
l’édition d’un texte conservé dans une ou plusieurs copies autographes est la représentation
de la forme polyvalente et évolutive de l’œuvre, à savoir l’intégration dans
l’édition des différentes versions du texte et des différentes versions du
manuscrit (les multiples campagnes de correction qu’ils présentent).
Actuellement, un des principaux problèmes de l’édition papier est son cout et
par voie de conséquence l’impossibilité pour l’éditeur de présenter son texte
dans toute la richesse de sa tradition manuscrite, par exemple en donnant une
version semi-diplomatique de chacun des témoins et une version éditée de façon
critique. C’est pourquoi, un certain nombre de philologues ont déjà proposé des
éditions électroniques d’œuvres médiévales, conservées dans des traditions
touffues. Un des exemples concrets les plus remarquables est l’édition des mss
du « Chevalier de
Il
nous a semblé que l’édition électronique était à même de fournir le système le
moins mauvais pour représenter les réécritures directes présentes dans un ms.
médiéval. C’est pourquoi, nous avons essayé de mettre au point une édition
électronique des deux-cents premiers vers du « Debat des deux amans »
dont l’objectif principal était de pouvoir donner à voir les corrections des
mss tout en donnant au lecteur un texte lisible, et tel que l’aurait
« voulu » l’auteur, c’est-à-dire dépourvu des leçons fautives
corrigées par ses soins. Le but premier n’a pas été de rendre compte
entièrement du texte et de l’épuiser par des notes et des glossaires.
Ainsi, le lecteur est invité à choisir l’état du texte
qu’il désire (ms. Paris, BnF, fr., 1740 ; ms. Bruxelles, B.R.,
11034 ; Harley, B.L., Harley, 4431), ce qui lui permet d’accéder au texte
édité contenu dans ce ms. (page
d’accueil des éditions). Il trouvera là le « Debat » édité selon
les pratiques actuelles utilisées pour les éditions imprimées, avec la
particularité de pouvoir tous les dix vers accéder à une traduction en français moderne., à un tableau synoptique présentant toutes les variantes
éditées de façon semi-diplomatique et en escalier. Il peut également partir des
cahiers de chaque ms. et
naviguer à son gré dans le codex.
Soucieux
de ne pas laisser le lecteur se perdre dans le labyrinthe hypertextuel, nous
avons préféré lui donner le maximum d’informations lors de sa lecture du texte
édité. Ainsi, dans le texte édité, les éléments en caractères verts renvoient à
des leçons qui varient dans les deux autres témoins ; les éléments en
orange, aux leçons qui font l’objet d’une réécriture directe dans un autre
ms ; les éléments surlignés en rouge, aux leçons qui font l’objet d’une
correction directe dans le ms. édité. À ce stade, le lecteur soucieux de lire
le texte peut continuer sa lecture ; celui intéressé par sa genèse peut
passer légèrement avec son curseur sur le terme stigmatisé et il verra
apparaitre une « info-bulle » sur son écran l’informant de la nature
de la correction et de la manière dont elle se présente dans le ms. Le lecteur
plus curieux cliquera sur la leçon surlignée et accèdera cette fois-ci à une nouvelle page, qui présente
toutes les réécritures directes du codex incriminé.
Ce système n’est certes pas parfait, mais il a le mérite de laisser le
libre-choix au lecteur de lire le texte selon des niveaux différents, depuis la
traduction jusqu’à la transcription semi-diplomatique, en choisissant l’état du
texte qu’il désire. En outre, la « volonté » de l’auteur se trouve
respectée puisque d’une part, tous les états du texte sont considérés au même
niveau comme différentes publications d’une même œuvre et puisque d’autre part,
les leçons que l’auteur a voulu supprimer ne sont pas données à lire dans le
texte édité. Enfin, il permet grâce à l’utilisation de différentes couleurs, ce
qui est impensable pour une édition sur papier, de représenter la forme
multiple, malléable et vivante qu’est le texte médiéval.
Ce
projet – qui n’engage que la responsabilité de son auteur – n’est encore qu’à
un stade de prototype (v. 1-200) et nous serions donc désireux que vous nous
fassiez part de vos remarques, de vos suggestions et de vos critiques en nous
contactant.
Olivier DELSAUX
Aspirant du Fonds de
Groupe de recherche sur le moyen français
Université catholique de Louvain
Département d’Études romanes
Place Blaise Pascal, 1
1348 Louvain-la-Neuve
Belgique